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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 07:29

Pourquoi ce titre, maintenant.. ?
Tout simplement parce que depuis 1 semaine maintenant je suis harcelée de commentaires d'une personne qui remet en cause le bienfait de ce site et du CECRL... Vous pourrez voir la conversation dans les commentaires de l'article " qu'est ce que le CECRL" ..
Libre à cette personne de penser ce qu'elle veut mais je pense qu'elle doit aussi faire preuve de tolérance et me laisser la liberté de publier... En outre, je suis comparée par cette personne à un "dictateur", un "gourou" du CECRL qui IMPOSE à tous ceux qui viennent me lire MA vision des choses...
Il m'a donc semblé important de justifier l'existence de ce blog.

  A un moment de ma carrière, j’ai eu des coups de « blues » car je ne  savais plus comment m’en sortir avec certains  élèves  que j’avais en face de moi car les méthodes que je connaissais ne fonctionnaient plus avec ce nouveau public d'élèves...Et j'avoue que j'allais dans certains cours à reculons et avec beaucoup d'appréhensions..

Je me sentais désœuvrée. Je ne savais plus comment les intéresser à la chose scolaire.  Mes relations avec eux étaient pourtant  bonnes mais ça ne me suffisait plus... Je me devais de les faire apprendre et progresser.

Etant férue de didactique, j’ai cherché des solutions adaptées à mes problèmes parmi les méthodes qui existaient  et le CECRL m’a apporté des solutions. C’est pour cela que j’ai cherché à en savoir plus et  j’ai vraiment  commencé à creuser la question…

  Mais le problème,  c’est que le CECRL  est très complexe et avant de me l'approprier, j'y est passé de nombreux mois....Je comprends donc que tant de professeurs ont des  soucis pour l’appliquer dans leurs classes et que la notion reste très vague pour certains d'entre eux...et du coup on entend un peu de tout et n'importe quoi sur le sujet.

En fait, le cadre est loin d’être rigide…Aucune  solution n’est imposée. On nous donne juste quelques pistes de réflexions très vagues… qui ne concernent en outre que l’EVALUATION.

  C’est cela qui déstabilise  et qui fausse généralement notre perception du CECRL car cela va à l’encontre de notre mission  première qui  est  celle de faire APPRENDRE….avant d’évaluer !

J’ai moi-même été confrontée à ce problème  ne sachant ni par quel bout commencer ni ce qu'on attendait de moi pour sa mise en place dans la classe. L'expérimentation allait donc commencer...

   Quelque part, c'est aussi ce qui me plait dans l'enseignement. On me laisse toute latitude pour mettre en place et essayer des choses dans ma classe. Je ne me sens pas étriquée par ce système, bien au contraire et parfois j'aimerais quand même être un peu plus guidée. Ca faciliterait les choses. Cependant pour trouver des solutions, j ai donc dû décortiquer le CECRL  afin de mieux le comprendre et me l’approprier.

  Sachant que d’autres profs étaient intéressés par le sujet, j’ai décidé de créer ce blog dans le but d’échanger nos différentes lectures ou réflexions sur la mise en place du cadre dans la classe. Je ne propose dans ce blog que MA lecture ainsi que des applications concrètes dans mes classes.  A AUCUN MOMENT, je n'ai prétendu DETENIR LA VERITE.  NULLE PART,  je n’ai  dit que c'était LA lecture qu'il fallait faire du cadre. J’avoue donc mal comprendre les reproches qui me sont faits. Ce blog n'avait donc pas d'autre but  que d'apporter une pierre à l'édifice, d'aider ceux qui ne savaient pas par quel bout le prendre en leur donnant des exemples d'application. En fait, tout ce que moi même j'aurai aimé trouver quand j'ai commencé mes recherches...


En résumé voici un exemple de ce que ça peut donner.

   D'abord, j'annonce la tâche finale par ex: «  Tu  présenteras à l'oral pour les autres camarades le sport pratiqué par ton correspondant »

  L’élève voit l'horizon certes,  mais pour lui la mission est périlleuse car il prend alors conscience de tous les savoirs et savoir-faire qui vont être nécessaires à la réalisation de cette tâche.  Mais l’élève  "trace aussi  le chemin" en listant ces savoirs et savoir-faire : par ex, d'abord il va me falloir COMPRENDRE la lettre de mon correspondant, LIRE, COMPRENDRE un texte sur internet présentant ce sport pour y puiser les informations nécessaires. METTRE EN RELATION ces informations pour pouvoir ensuite les résumer  et les présenter à mes camarades à l'oral, ce qui implique qu'un travail de prononciation ait été fait au préalable...  Le fait de lister ces savoirs et savoir –faire permet d’impliquer l’élève dans son apprentissage.

  Pour pouvoir mener tout cela à bien, le prof doit faire acquérir de nombreux savoirs "lexique du sport, modalité pour le règlement..,  et surtout de nombreux savoir -faire (comprendre un texte, s'exprimer à l'oral en continu.... Pour faire acquérir ces savoirs et savoir-faire,  je leur présente des textes traitant  d'autres sports que ceux sur lesquels ils vont travailler. Ces textes vont me permettre de leur faire acquérir des stratégies qui vont les aider à mieux comprendre d’autres textes et donc de devenir plus autonomes A partir de ces  textes,  l'élève va avoir des tâches à accomplir comme par exemple :

1. prélever les idées majeures à développer dans leur futur exposé. L'élève,  après avoir appris que 1 paragraphe = une idée,  va rechercher le titre des paragraphes pour retrouver les rubriques : .ex: origines du sport, règles, nombre de joueurs, nom du terrain, équipement....

Ces rubriques  vont ensuite servir de canevas, de feuille de route, de guide pour leurs prochaines recherches sur le net...

2. Les élèves vont aussi devoir rechercher les expressions, le lexique et les structures qui vont ensuite leur  permettre de développer les rubriques

Ces textes permettent donc outre l’enrichissement culturel (connaître des sports inconnus en Martinique), un enrichissement linguistique non négligeable car les différentes expressions synonymes qu’ils vont relever,  vont lui permettre de compenser. En effet, lorsqu’il ne se rappellera plus d’une forme...il en aura d'autres à sa disposition...

  Du coup, grâce à ce travail préalable, l’élève sait exactement ce qu'il a à faire et comment il doit le faire. Et pendant toute la séquence, c’est l'élève qui travaille, qui réfléchit, qui cherche et donc qui construit son savoir et développe ses compétences.  C’est ce que j’entends quand je dis  « que l'élève apprend par lui-même ».  Je développe son esprit. Je le guide, je balise et débroussaille le chemin certes mais je n’en fais pas quelqu’un d’assisté. Je ne lui apporte rien sur un plateau doré. Au contraire,  je lui donne des outils pour le rendre autonome.

  Quant à  l’exposé, donc la tâche finale, il  sert d’évaluation à  tout ce travail d’acquisition de compétences et de connaissances qui a été fait en amont. Il permet de vérifier que l’élève est  bien capable d’utiliser les outils adéquats. En fait, je vérifie  au travers de compétences, les connaissances  de l’élève. La tâche finale permet donc de se rendre compte de ce que l’élève est capable de faire avec ce qu’il a appris.

 L’avantage du cadre c’est qu’il ne laisse personne de côté."Le but » ce n'est pas d'être le 1er de la classe mais de faire de son mieux en fonction de ses capacités.  Ce principe est l'essence même du CECRL. L'objectif n'est pas de faire de tous nos élèves des linguistes émérites.... mais de les faire PROGRESSER.  De partir de leur niveau et de les amener le plus loin possible.  Si on compare le cursus scolaire à un Marathon.  Tous nos élèves ne sont pas des Marathoniens dans l’âme ! (contrairement à ce que vous pensez), ce n’est pas pour autant qu’ils n’ont pas le droit de courir ….d’ailleurs, il arrive qu’avec un bon entrainement, même les moins sportifs réussissent à finir la course …. 

ET ATTENTION «  se mettre au niveau des élèves », ca ne veut pas dire faire un enseignement au rabais. C’est juste fixer des objectifs  réalisables et gradués dans la difficulté afin que l’élève ait envie de les atteindre. Il y a une difficulté mais elle est à sa portée... Ca ne lui parait pas insurmontable et du coup il essaie... Et quand il y arrive, il y prend goût.... Cela n’empêche absolument pas l’exigence. Quand je dis qu'il faut privilégier l'aisance et le reste suivra, ca ne veut PAS dire qu'on laisse passer tout et n'importe quoi... Je pense qu’il  ne faut pas interrompre un élève quand il parle sous prétexte qu'il a commis une erreur. Je l'écoute d'abord et quand il a fini, je lui fais part de ses erreurs mais en plus je mets en place avec lui des stratégies pour qu'il ne les refasse plus...Je pense aussi qu'il faut graduer les exigences. Une erreur de prononciation est à mon avis plus importante qu'une erreur de grammaire car elle nuit réellement à la communication.  Certains élèves n’ont pas la capacité de TOUT corriger. Je privilégie donc pour ces élèves- là la communication. Cela ne veut pas dire que je le fais pour tous les élèves. Je serai plus exigeante  avec ceux qui ont la capacité de gérer les deux ! Le CECRL permet de faire cela sans pénaliser les meilleurs et sans dégoûter non plus les plus faibles...

En fait, ce que j’aime dans le CECRL c’est qu’il permet un apprentissage différencié.  Il permet de ne pas brûler les étapes. Il permet d’attendre que l’élève soit prêt à recevoir le savoir  avant de le dispenser sinon il ne sera pas efficace.  Un enfant qui apprend la langue maternelle utilise des mots pour se faire comprendre sans avoir besoin pour autant de savoir que c’est un verbe ou un nom … Je ne dis pas qu’il ne faille pas le faire,  au contraire , car à mon avis cela lui permettra ensuite de mieux fixer les acquis , de construire des nouveaux savoirs et d’enrichir son expression, je veux juste dire par là, que ce travail ne pourra porter ses fruits que lorsque l’enfant aura suffisamment de mots et d'expression et de manipulation à son acquis….et peut être aussi  la maturité intellectuel pour se l'approprier! On a trop tendance à passer tout de suite à l'explication du fait grammatical  avant même d'avoir donner suffisamment de contextes dans lesquels ces structures apparaissent...

 Appliquer le CECRL dans sa classe ce n’est pas que faire des simulations de ce qui se passe dans la société… (Ça arrive que des scénarios soient basés la dessus mais il y a beaucoup d’autres possibilités. Celles ci  sont laissées à l’entière imagination du PROF.  L’objectif du CECRL c’est surtout d’amener les élèves à acquérir et développer des compétences qui lui permettront ensuite d’utiliser ses savoirs et qui le rendront de plus en plus autonome….

 


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Published by Mrs Cadot - dans CECRL
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commentaires

bunko 24/12/2010 15:29



Bonjour, Mon fils est un tout jeune prof et il a bien du mal à comprendre ce qu'on attend de lui concrêtement et à mettre en place le CECRL. Je trouve votre démarche plutôt sympatique de bien
vouloir partager votre savoir. Dites-moi, vous ne donneriez pas de cours ? Est-ce que ça existe ? Je parle de cours privés. Merci pour votre Blog.



rohaut 02/03/2009 14:36

Hello Nathalie!J'admire ta patience quant aux réactions de certaines personnes!Je faisais partie de la dernière session de stage qui n'a malheureusement pu se conclure à cause de la grève! Penses-tu que nous pourrons reporter nos séances ultérieurement?Cette formation m'a vraiment motivée et a effacé toutes mes craintes concernant le CECRL. Il est vrai que cela demande une réorganisation de nos cours mais comme tu le dis le but est d'en faire le moins possible et de laisser la place aux élèves...ce qui ne devrait déplaire à certains paresseux!!!Paroles d'initiée!